Images qui bougent (2)

Chose promise, chose due, même si je confesse m’être arraché davantage les cheveux pour composer cette liste de 15 films noirs/films policiers. Heureusement, ma tignasse est encore épaisse, malgré mon âge.

Allons-y.

1. Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. A la fois fresque historique et romanesque, film noir et j’en passe, je ne me lasse pas de revoir cette œuvre grandiose, sans nul doute le chef d’œuvre de Sergio Leone, regrettant juste que le réalisateur n’ait pas pu tourner sa vision de la bataille de Leningrad. Ce film demeure une véritable madeleine en ce qui me concerne.

2. La Soif du Mal de Orson Welles. Un classique dont je continue à admirer le long plan séquence du début et l’intrigue ramassée sur une seule journée. Certes, Welles convoque tous les poncifs du genre, mais il s’en sort avec classe et une maîtrise admirable.

3. Bullitt de Peter Yates. Le film référence en matière de poursuite automobile avec Steve McQueen dans un de ses meilleurs rôles. Il n’y a rien à retrancher de ce film marqué également par la Schifrin touch.

4. Le Port de l’angoisse de Howard Hawks. Le classique des classiques, avec LE couple mythique Humphrey Bogart et Lauren Bacall.

5. Fargo des frères Cohen. Un film noir (sur blanc) que je préfère au plus récent No Country for old men. Chouette ambiance, intrigue implacable et acteurs impeccables.

6. Gros dilemme avec Martin Scorsese. J’ai longtemps hésité entre Mean Streets et Taxi Driver. Au final, j’opte pour le second. Le meilleur rôle de Robert de Niro.

7. Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia de Sam Peckinpah. Parce que Warren Oates, habituellement cantonné aux seconds rôles, est ici magistral dans cette interprétation d’un raté.

8. Traffic de Steven Soderbergh. LE film explicitant le mieux les enjeux du trafic de drogue entre les États-Unis et le Mexique. A la fois esthétique, politique et réaliste.

9. Dead Again de Kenneth Branagh. Ce titre figure dans ma liste parce qu’à l’époque l’auteur britannique réalisait encore de bons films. Ici, il tourne un thriller malin, entremêlant deux lignes temporelles réunies sous hypnose. C’est très théâtral, bourré d’humour et, au final, j’ai beaucoup apprécié.

10. Coup de torchon de Bertrand Tavernier. Librement adapté du roman de Jim Thompson 1275 âmes, l’histoire étant ici transposée en Afrique, Coup de torchon ne trahit pas pour autant l’esprit de l’auteur américain. Tavernier respecte le roman et son ambiance, tout en y injectant ses propres thèmes. L’interprétation de Philippe Noiret est bluffante et les autres acteurs ne déméritent en rien.

11. Le Général de John Boorman. Vu au cinéma lors de sa sortie, Le Général retrace la vie et la mort de Martin Cahill. Surnommé le Général, le bougre a grandi dans les cités pauvres de Dublin avant de devenir une légende du grand banditisme. Je ne suis pas un fan des biopic consacrés aux criminels. Pourtant, ce film violent et ambigu fonctionne à merveille.

12. Sudden Impact de Don Siegel. Archétype du facho, Dirty Harry a beaucoup contribué à la mauvaise réputation de Clint Eastwood. Passé la polémique, c’est un putain de bon personnage dont la réplique Go ahead, make my day reste une référence en matière de cynisme.

13. Animal Kingdom de David Michôd. Un chouette film australien au rythme posé, mais contaminé par une violence sourde, latente, ne demandant qu’à exploser. Les personnages sont ambigus, ni bons, ni méchants, juste guidés par leur instinct de survie. C’est peu de dire que j’ai apprécié.

14. Amer de Hélène Cattet & Bruno Forzani. Lorsque je vais au ciné, c’est pour être assailli par un flot d’émotions brutes. Être malmené, secoué, retourné comme une chaussette par la vision de l’auteur. Amer a tout de l’expérience. Visuelle, sonore, viscérale. Tout est bizarre, faussé, tordu. On baigne dans le giallo et c’est bon.

15. Prime Cut de Michael Ritchie. Pour terminer une petite curiosité seventies, mais que j’aime beaucoup. Une excursion chez les redneck avec une moissonneuse-batteuse en guise d’arme fatale et des enclos pleins de jeunes filles mises aux enchères. Une curiosité, je vous dis.

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15 réflexions au sujet de « Images qui bougent (2) »

  1. J’aurais bien vu un p’tit L.A. Confidential, certes le film est de facture classique, mais il est tout de même fort bien fichu. Sinon, pas mal de films non vus dans ta liste (notamment les trois derniers de la liste), ça me donne quelques pistes.

    • Je ne sais pas pourquoi, mais Ellroy, j’y arrive pas. Pourtant, j’essaie…
      J’ai bien dû voir cette adaptation à deux reprises. A chaque fois, je l’ai trouvée trop « propre » sur elle.

      ps : Je me rends compte que je n’ai pas indiqué Chinatown de Polanski.

  2. Pas faux, c’est assez classique et propre, sans doute parce que Curtis Hanson a trop appuyé son hommage aux films noirs des années quarante. Je pense qu’il faut le voir de cette manière et ne pas s’attendre à un film révolutionnaire.

      • « Fargo » que le début, « Taxi Driver », « Traffic » (dont je n’ai gardé aucun souvenir), « Dead again » (beaucoup aimé à l’époque) et puis c’est tout en fait, donc un cinquième plutôt…

  3. Pour que l’esprit Ellroy contamine le cinéma, il faudrait que les films soient aussi crades que ses romans les plus hard-boiled. Hollywood a tendance à laver plus blanc, même la crasse qui est dans les noeuds du torchon. Il y a eu « Rampart », qu’il a scénarisé sans que ce soit d’après un de ses romans, raté mais assez glauque pour qu’on s’y sente chez lui, « Cop » avec James Woods, qui retranscrivait honnêtement son univers… et puis la série « The Shield », qui lui doit beaucoup sans qu’il y soit nominativement pour rien.

      • Quitte à sauter le pas pour une série, essaie aussi Justified, du polar redneck au Kentucky, adapté d’Elmor Leonard et avec Tymothy Oliphant (le premier rôle de Deadwood) et Walton Goggins (LA révélation de The Shield justement). Je n’ai pas encore lu de Leonard mais pour moi ça a vraiment le gout de Crumley.
        A part ça, merci d’avoir cité un Peckinpah, je vais me jeter dessus.

  4. Oh que c’est une bonne idée, ces listes !
    La mienne ressemblerait pas du tout à ça, yen a beaucoup que j’ai pas vu, du coup ça me donne plein d’envies (surtout Prime Cut… Des red necks seventies, ça fait saliver).

  5. W dit rien que des âneries. Timothy Oliphant n’est pas le premier rôle de Deadwood, le premier rôle (et la révélation) de Deadwood, c’est Ian Mc Shane.
    Cela dit, Ubik, c’est clair que c’est pour toi, Justified. Plus que The Shield peut-être, si tu as du mal avec Ellroy. Et Oliphant y est assez… marmoréen, oui, c’est une bonne façon chic de dire « hardboiled » : il est imperturbable, on sait jamais ce qu’il pense ou ressent, et autour des culs-terreux ultra-violents que l’esprit de la Prohibition a jamais quitté s’entretuent. Leonard s’implique dans les scénars, ça se voit, du coup c’est souvent plus drôle que glauque, et ça a un petit côté Woodrell, aussi.

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