Atomic Bomb

Tous les indicateurs pointaient dans le vert. Compte tenu de mon goût pour le nonsense et la pochade, ce livre aurait dû me plaire. L’adolescent régressif sommeillant en moi trépignait d’ailleurs d’impatience. Il piaffait, l’écume de bière aux lèvres, tapant du poing sur la table (j’aime bien l’image).

Ben voilà, raté !

L’effervescence est retombée en moins de temps qu’il n’en faut pour couper les cheveux en quatre. Pourtant, je ne peux nier m’être amusé du ton décalé des auteurs, Kelvo et Collins, deux junkies grabataires à la recherche du Grand Flash atomique, manière pour eux de finir leur existence en beauté. Ou alors, peut-être s’appelaient-ils Valk et Nik ? Pour qui refuse le paradoxe de Fermi, l’arrivée sur Terre d’insupportables extra-terrestres en forme de poire ne paraît pas une impossibilité. En tout cas, on peut exclure de la liste Ka et Ko, deux rats vagabonds en lutte contre le géant Nintendo et ses jeux démoniaques. Sur cette question de l’identité des auteurs de Atomic Bomb, on se perd en supputations. Et il ne faut pas compter sur David Calvo et Fabrice Colin pour nous conforter dans nos certitudes.

Bref, de ces trois fils narratifs improbables et absurdes comme la vie, je ne retire pas grand chose au final. Des clins d’œil à Fredric Brown, Richard Brautigan, Tex Avery, Shakespeare et aux Préraphaélites. Une propension aux répliques chocs et cultes. Un pouvoir d’évocation puissant culminant lors des descriptions. Le délire de situations farfelues, bizarres, loufoques, extravagantes* (*cochez la proposition qui vous convient). Et une complicité certaine entre les deux compères.

Malheureusement, la somme des différentes parties de ce court roman n’a pas abouti au plaisir de lecture escompté. Je suis resté à quai, oscillant entre big bang et big crush. Peut-être aurais-je dû lâcher prise afin de succomber aux facéties des deux auteurs ? En l’état, le livre m’est juste apparu brouillon, comme écrit en dilettante, et un tantinet laborieux, surtout sur la fin.

Désolé de n’être pas parvenu à vous suivre les gars. À la revoyure…

Atomic Bomb de David Calvo & Fabrice Colin – Éditions Le Bélial’, avril 2002 (version numérique disponible ici)

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2 réflexions au sujet de « Atomic Bomb »

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