James Morrow

Allez, je me lance un petit défi. A partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de la semaine, je mettrai en ligne un article par jour. Le motif de cette épreuve : James Morrow. Comme vous l’avez relevé, j’ai mes marottes. Et parmi celles-ci, l’auteur américain trouve une place privilégiée. J’aime tout ce qu’il écrit. J’aime son humour et l’angle sous lequel il aborde la littérature. Ayant lu presque toute sa bibliographie parue en France, à l’exception de « Cité de vérité » qui m’échappe encore, je vais tâcher de donner envie aux éventuels curieux de découvrir son œuvre.

On commence tout de suite par une courte biographie.

jmorrowSe définissant lui-même comme un satiriste social, James Morrow doit pourtant sa renommée à la Science-fiction et à une certaine trilogie jubilatoire. Personnellement, je considère qu’il est un auteur qui brille par sa plume caustique et par sa clairvoyance.

Crédit photo : site Conjunctions.com

Rien ne prédestinait James Kenneth Morrow à l’athéisme qui est devenu par la suite sa morale de vie.
Issu d’une famille presbytérienne de Philadelphie, il est inscrit par ses parents à l’âge de cinq ans à l’école du dimanche afin d’y recevoir un enseignement religieux assez ennuyeux. Comme tout les gosses, James croit encore en Dieu et sans doute aussi au Père noël.
Seulement voilà, il se découvert une affection particulière pour les fictions philosophiques et satiriques pendant les cours de Littérature étrangère, en particulier Voltaire et Camus. Diplômé d’Harvard, humaniste, insolent, il commence à mettre son érudition scientifique et philosophique au service d’un questionnement, souvent drôle et toujours pertinent, des thèmes religieux et métaphysiques.
A la fin de ses études, il exerce différents métiers : enseignant, illustrateur, réalisateur indépendant de films et bien sûr auteur.
Ses premières œuvres, remarquées par la critique, ne suffisent pas à le faire connaître du grand public. Il s’agit de textes courts sur des thèmes religieux qui sont rassemblés plus tard dans le recueil « Bible Stories for Adults ».

En France, on le découvre grâce à des romans comme Ainsi finit le monde, finaliste au Prix Nebula, ou Notre Mère qui êtes au cieux, primé au World Fantasy Award, qui imagine comment un jeune Juif, Murray Katz, se retrouve père célibataire, par l’opération du Saint-Esprit, de l’alter-ego féminin de Jésus, Julie, une petite fille qui marche sur l’eau et accomplit des miracles…
Mais son œuvre majeure, celle qui le fera connaître et apprécié, sera la « Trilogie de Jéhovah » (« The Godhead Trilogy ») publiée dans les années 90.
La Trilogie s’ouvre sur la découverte, en plein océan, du corps de Dieu lui-même, tombé du ciel après son décès et flottant comme une épave. Le Vatican va s’attacher à garder la chose secrète et faire remorquer l’immense corps (3 kilomètres de long, tout de même) dans les glaces de l’Arctique, dans des conditions rocambolesques – des activistes athées cherchant à Le détruire – pour des funérailles finales pathétiques et grandioses.

Dans le deuxième volume, le juge Candle, qui officie dans une petite ville, poursuit Dieu – dont le Corps est devenu une sorte de parc d’attraction – devant la Cour Internationale de La Haye. Il faut dire que le petit juge n’a pas eu de chance dans la vie… Motif de l’accusation contre le Créateur ? Crime contre l’Humanité ! Devant la barre défilent Satan, Jésus et autres personnages bibliques, pour une procès qui parodie les grands romans judiciaires américains.

Dans le troisième volume enfin, le divin Crâne se retrouve en orbite géosynchrone après l’explosion de son Corps – et sa face de mort contemple la planète provoquant une épidémie de préoccupations métaphysiques renvoyant l’Humanité à ses pires craintes.

En 2003 paraît une œuvre radicalement différente, Le dernier Chasseur de Sorcière.
James Morrow y raconte l’histoire de Jennet Stearne qui, à la fin du XVIIe siècle, tente de défendre les droits de sa tante, Isobel, accusée de sorcellerie parce qu’elle a réussi à expliquer scientifiquement des phénomènes naturels jusque-là considérés comme divins. Sur un fond historique extrêmement documenté, Morrow – sans parodie ni farce cette fois – traite des superstitions humaines et de la naissance de l’esprit scientifique.

Volontiers provocateur, l’auteur américain fait de ses contes iconoclastes l’outil d’une réflexion amusée mais profonde sur la croyance et l’athéisme, l’absurdité de l’existence et le sens de la vie.
Face à la religion, la démarche scientifique paraît à ses yeux comme un viatique contre l’obscurantisme et la bêtise. Mais attention ! Cette démarche n’est pas la substitution béate d’une foi à une autre. Elle est raisonnement, curiosité et faculté à remettre en question ses convictions. Et si, il semble que la science n’ait pas réponse à tout comme l’avancent certains, c’est tout simplement parce que l’homme ne possède pas toute la science comme l’énonce un des personnages de Notre mère qui êtes aux cieux.

En France, les romans de James Morrow paraissent désormais Au diable vauvert. Deux titres ont été publiés depuis Le Dernier Chasseur de sorcières : L’Apprentie du Philosophe et plus récemment Hiroshima n’aura pas lieu.

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2 réflexions au sujet de « James Morrow »

  1. Punaise, ça fait des années que je me dis qu’il faut que je m’intéresse à James Morrow, tes billets sont une excellente initiative pour me le rappeler une fois de plus.

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