Le vin de la violence

De retour d’une mission d’exploration, le vaisseau humain Darwin fait naufrage sur une planète inconnue où vit une communauté utopiste : les Quetzaliens. Ses membres sont parvenus à éliminer totalement les pulsions de violence de leur psyché grâce à un procédé chimique permettant leur matérialisation et leur évacuation dans un fleuve aux eaux devenues corrosives. En conséquences, les Quetzaliens sont de parfaits agneaux. Dépouillés de leurs passions, ils vivent paisiblement dans un pays de cocagne s’apparentant aux visions idylliques du paradis terrestre. Mais derrière le mur qui les protège, c’est-à-dire le reste de la planète, errent les mangeurs de cerveau, une humanité dégénérée et sauvage, qui a fait de ces agneaux son principal aliment…

Sous un enrobage science-fictif, James Morrow aborde avec Le vin de la violence un sujet d’ordre moral. L’auteur américain s’interroge en effet sur le Mal et pose comme hypothèse que celui-ci résulte de la violence. Il suffit donc d’éliminer celle-ci pour faire disparaître définitivement le Mal.
Dès le début du récit, le personnage principal, Francis Lostwax, dont la spécialité (ce n’est pas un hasard) est l’entomologie, considère que la violence est instinctive chez l’homme. Sa vision s’oppose ainsi au spectacle qu’il découvre après son naufrage. Il peut observer une communauté où la violence qu’il croit intrinsèquement liée à l’humanité, a été scientifiquement éliminée. Observateur d’abord, il est assailli par les problèmes moraux lorsqu’il lui faut devenir acteur. Mais au final, son expérience le conduit à reconnaître la nécessité d’aborder le Mal, et son alter ego le Bien, dans une perspective beaucoup plus dynamique, remettant en question ses certitudes, car « le dogmatisme vient à bout de toute les utopies. »

Avec ce roman, James Morrow pose les premiers jalons d’un questionnement philosophique via le prisme de la science-fiction. Et si, tout n’est pas encore parfait, la démarche n’en demeure pas moins déjà stimulante.

vin_violenceLe vin de la violence (The Wine of Violence, 1981) de James Morrow – Éditions Denoël, collection Présence du futur, 1989 (roman traduit de l’anglais [États-Unis] par Luc Carissimo)

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