Images qui bougent (3)

C’est la fin de l’été, succombons au tropisme des listes. Après la science-fiction et le film noir, je vais essayer de dresser la liste de mes westerns préférés. Je me contenterai de 10 titres, histoire d’amorcer les éventuels échanges.

C’est parti !

1. La Porte du paradis de Michael Cimino. Chef-d’œuvre, je n’ai pas d’autre mot pour qualifier ce (très) long métrage. Film maudit lorgnant sur John Ford et Visconti, cette fresque prend pour point de départ un épisode oublié de la conquête de l’Ouest : la guerre du comté de Johnson. Œuvre au propos très politique, ce film est aussi une histoire d’amour dominée par les figures de Kris Kristopherson, Christopher Walken et Isabelle Huppert. Franchement, il n’y a rien à jeter dans ce western noir dont je n’arrive pas à comprendre l’échec.

la_porte_du_paradis

2. Dead Man de Jim Jarmush. Voici le voyage funèbre et initiatique d’un pied-tendre entre la vie et la mort. Périple teinté d’onirisme et jalonné de rencontres étranges dont quelques stars de western vieillissantes. Un choc esthétique et musical (avec Neil Young complètement en phase avec le film). Autre chef-d’œuvre, ne craignons pas de galvauder le terme.

deadman15

3. Pat Garrett et Billy le kid de Sam Peckinpah. A l’instar de La Porte du paradis, voici un autre film maudit et chef-d’œuvre, une ode élégiaque et crépusculaire dédiée à la fin de l’Ouest, la fin d’un monde, d’une amitié et d’un outlaw. C’est un des rares longs métrages dont je ne me lasse pas.

Pat Garrett

4. Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone. Ce film enterre la forme classique du western et impose les canons d’un néo-western plus soucieux de naturalisme. Mais en voulant démythifier la Frontière, il en façonne une autre représentation, poussiéreuse, crade et percluse de vices qui flirte avec la tragédie antique.

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5. Little Big Man d’Arthur Penn. Dans ce film, tous les poncifs du western passent à la moulinette, jusqu’au héros, ici incarné par Dustin Hoffman au meilleur de sa forme. Autre grand mérite, cette œuvre épouse enfin le point de vue amérindien, d’une manière moins frontale que Soldat bleu.

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6. Les Professionnels de Richard Brooks. Ce film figure dans ma liste pour une unique raison. La réplique de Burt Lancaster disant : « Peut-être, depuis le début, n’y-a-t-il eu qu’une seule révolution ? »

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7. Blackthorn de Mateo Gil. Le western aime la légende. Personnellement, j’aime les héros vieillissants, cabossés par la vie, voire anachroniques. Ici, on retrouve un Butch Cassidy  âgé, le bougre n’étant pas mort comme on le dit, qui a refait sa vie incognito en Bolivie. Ce film raconte sa dernière aventure. L’occasion de mettre ses idéaux à l’épreuve d’une réalité toujours aussi prédatrice, et pour le spectateur, de découvrir les superbes paysages du salar d’uyuni.

 blackthorn-blackthorn

8. L’Homme qui tua Liberty Valance de John Ford. Classique des classiques, ce western devait figurer dans ma liste en raison de sa réplique si célèbre : « On est dans l’Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende »

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9. Mon nom est personne de Tonino Valerii. Le western qui enterre tous les westerns, ceux de Sergio Leone et Sam Peckinpah y compris.

personne

10. Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood. Il en fallait un, voici sans doute un de mes préférés avec Eastwood dans son rôle fétiche de cavalier mystérieux, venu d’outre-tombe pour accomplir sa vengeance. De toute façon, c’était celui-ci ou L’homme des hautes plaines.

pale-rider

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8 réflexions au sujet de « Images qui bougent (3) »

    • « Mais-euh… Qu’est-ce que vous avez tous avec les westerns en ce moment?!? »
      Rien. GO WEST !
      « Rien pour moi, je le crains… »
      Les goûts et couleurs, pas grave. Mais, si je peux me permettre, essaie tout de même La Porte du paradis, c’est plus que du western… (autrement dit, peu importe l’étiquette, ce film est un chef-d’œuvre)

  1. Une inclination certaine pour Clint Eastwood, tant acteur que réalisateur.
    Le Bon, la brute et le truand a une multitude de répliques pendables dont celle-ci :
    « Quand on tire, on raconte pas sa vie ».
    Pale rider n’est peut être pas son meilleur mais assez drôle côté leçon de vie à la Eastwood :
    « Quand on attend qu’une femme prenne la bonne décision on peut attendre longtemps ».
    Gran Torino, côté western moderne est superbe, un bon coup de pied dans le fondement.

    L’alliage parfait de Charles Bronson /Morricone, Il était une fois dans l’ouest, une ambiance bouche pâteuse sur un air lancinant.
    Dans le Spaghetti, évidemment, Terence Hill, Henry Fonda font Mon nom est personne :
    « Tu brilles aussi fort qu’un miroir de bordel… »
    « Qu’est-ce qu’il y a jeune homme, tu as besoin d’un auditoire ?… »
    Poilant, ça va sans dire !

    Un brin de nostalgie. Merci.

  2. Excellente liste ! Forcement que des excellents films.
    A mon goût il ne manque que « The proposition » et « l’assassinat de Jesse James par le lâche robert Ford ».
    Peut-être devrait on mettre les listes de 12 à la mode.
    Merci pour le flashback !

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