William Kotzwinkle

KotzwinkleMes pérégrinations livresques m’ont amené plus d’une fois, au détour d’un essai ou de la lecture d’une discussion sur un forum, à rencontrer le nom d’un auteur américain assez méconnu dans nos contrées hexagonales : William Kotzwinkle. Un patronyme un tantinet imprononçable pour un écrivain dont les romans eux-mêmes sont notoirement inclassables.
Intrigué, j’ai repoussé l’instant de la découverte à plus tard. Et puis, Fata Morgana a fini par rejoindre le sommet de ma pile à lire. J’ai soupesé l’ouvrage du regard, je l’ai saisi, ouvert et dévoré d’une traite. Il faut reconnaître que ce roman bizarre, édité chez Rivages dans la collection Mystère chapeautée par François Guérif et Claude Chabrol, a de quoi provoquer la curiosité. L’histoire, joliment alambiquée, s’apparente à une talentueuse construction en gigogne. J’y reviendrai ultérieurement dans le panorama consacré à son auteur. J’ai poursuivi mon exploration avec Fan Man. Deuxième claque ! Dans un style radicalement différent, Fan Man est le récit foutraque des divagations dans New York d’un hippie clochardisé. Un régal ! De quoi me faire basculer définitivement et me pousser à rattraper le temps perdu en tentant d’épuiser la bibliographie de l’auteur. Une entreprise de longue haleine que je compte mener à son terme par tranches successives.

Véritable touche à tout, William Kotzwinkle a écrit des scénarii pour le cinéma (on lui doit notamment celui de Freddy 4) et s’est livré à quelques novélisations, notamment celle de E. T. l’extra-terrestre (à laquelle il a donné d’ailleurs des suites) et celle de Superman III. Des travaux alimentaires qui ne doivent pas faire oublier l’essentiel. Une quarantaine de livres, romans et recueils, dont certains supportent allègrement le qualificatif de chef-d’œuvre.
Son œuvre ne se limite pas à un genre. William Kotzwinkle aborde toutes les formes littéraires avec une égale réussite. La science-fiction (Le Docteur Rat), le pamphlet, la poésie, le récit autobiographique (Le nageur dans la mer secrète), le roman érotique (Le livre d’une nuit), le roman d’apprentissage (Book of Love), les contes pour enfants, le surréalisme, la fable et le roman noir. Dans ce dernier genre, il ne s’enferre cependant pas dans le classicisme. Il y ajoute une touche personnelle, humour dans Midnight Examiner, fantastique dans Fata Morgana et Le Jeu des Trente.

Le vécu semble jouer un grand rôle dans ses livres. Dans sa jeunesse, il s’est pris de passion pour la Beat Génération, en particulier pour Jack Kerouac. S’inspirant de l’œuvre maîtresse de l’écrivain américain, il prend la route, direction New York où il exerce divers petits métiers, certes ingrats, mais ayant le mérite de nourrir leur homme : cuisinier de nuit, Père Noël dans un grand magasin, rédacteur journaliste d’une feuille à sensation vendue dans les supermarchés…

Le chouette site de l’auteur

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2 réflexions au sujet de « William Kotzwinkle »

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