Les Damnés de l’Asphalte

Continuons le voyage en compagnie de Laurent Whale.
Les Damnés de l’Asphalte nous emmène en Espagne, quinze années après les événements Des Étoiles s’en balancent. Les héros ont vieilli et la nouvelle génération semble mieux taillée pour survivre dans le monde d’après. Dans un décor retourné à l’état de friche, hanté par les fantômes de l’ancienne civilisation, la barbarie se pare désormais des atours de la foi et de la nécessité. Une foi tenaillée par la haine de la différence et tentée par le totalitarisme, une nécessité dictée par l’instinct de survie. Miki, le jeune mécano Des Étoiles s’en balancent, est devenu un homme accompli. Bientôt père, il doit pourtant abandonner sa compagne enceinte pour partir à la recherche de son frère Tom Costa, porté disparu avec son appareil du côté de la péninsule ibérique. En compagnie des anciens, Cheyenne et Toni, du fils de son frère et de son amie, il franchit les Pyrénées, bravant un pays sillonné par les Sectiens, cette engeance en robe noire à capuche, par les pillards et un autre danger venu de la mer (on croirait du Wyndham). Pas sûr qu’il ne sorte indemne de cette aventure…

« Comment peut-on encore croire qu’une entité supérieure veille sur nous ? Rien, dans ce monde, n’est beau. »

Bon, je l’ai déjà dit avec le précédent roman, voici de l’excellente littérature populaire, sans prise de tête, généreuse et n’accusant aucune faiblesse dans le rythme. Bien sûr, ce n’est sans doute pas le genre d’œuvre propre à séduire les tenants de la littérature à chichis. Toutefois, il n’y a ici aucune tromperie sur la marchandise.
Volontiers anar ou en tout cas rétif à toute forme d’autorité, quelle soit de nature religieuse, militaire ou vaguement étatique, Laurent Whale brode une intrigue resserrée, non dépourvue de raison de s’insurger, même si l’on peut lui reprocher de forcer le trait et de se répéter.
Dans un monde résolument sans Dieu, ni maître, ses héros taillent la route, à la recherche d’un refuge, d’un endroit où rebâtir une communauté avec un peu d’ordre mais surtout sans le pouvoir. D’aucuns diront une utopie. On ne les contredira pas… Heureusement, le roman de Laurent Whale entretient suffisamment l’ambiguïté pour lui éviter le reproche de la naïveté. Après tout, le fait semble désormais de notoriété publique : l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions.
Animé par des dialogues vifs et des réflexions sans concession, l’histoire acquitte honorablement son tribut à la littérature d’aventures. De surcroît, elle recèle quelques visions post-apocalyptiques convaincantes, comme par exemple ces meutes de chiens traquant leur gibier humain dans le décor pseudo-mauresque d’une station balnéaire en ruine.

Au final, Les Damnés de l’Asphalte conclut d’une manière sympathique le diptyque ouvert pas Les Étoiles s’en balancent. Voilà encore de l’excellente littérature populaire, de quoi se détendre entre deux lectures plus exigeantes.

Les-damnes-de-lasphalte_8786Les Damnés de l’Asphalte de Laurent Whale – Éditions Critic, collection « Trésors de la Rivière Blanche », mai 2013

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