Alone

Pépé est un Alone, autrement dit un solitaire, plus attaché à sa liberté qu’à l’existence d’autrui. Recueilli très jeune par Grise, devenue par la suite son amante, Pépé a appris comment survivre dans un monde revenu à la barbarie. Fuyant comme la peste les communautés, les groupes et autres amateurs de chair humaine, il taille sa route dans un Hexagone en friche, peuplé de mutants et d’autres monstruosités. Pépé, c’est un dur-à-cuire. Armé de couteaux toujours prêts à jaillir de leurs étuis, et d’une épée bien affûtée, il se tient sur ses gardes. Foi d’Alone, le Rasse qui lui fera la peau n’est pas encore né !

Le diptyque généreux de Laurent Whale m’ayant bien diverti, j’ai poussé l’expérience avec l’intégrale Alone de Thomas Geha. Hommage avoué à L’Autoroute sauvage de Julia Verlanger, l’univers post-apocalyptique de l’auteur breton ouvrait des perspectives aventureuses prometteuses. À mon grand regret, cette intégrale m’a fait l’effet d’un pétard mouillé. À vrai dire, je n’arrive toujours pas à comprendre l’engouement autour de ce truc mal torché, excusez l’expression. Pourtant, l’ouvrage se voulait une réédition revue et corrigée, augmentée de surcroît de deux nouvelles faisant office de préquelles aux romans.

Écriture à l’étiage, péripéties téléphonées et répétitives, Thomas Geha peine à convaincre. Je me suis surpris plus d’une fois à sauter les pages, tant l’intrigue des deux romans me paraissait bancale et cousue de fil blanc. Et ne parlons pas des personnages (ou alors, juste un petit peu). L’auteur troque en effet les archétypes de la littérature populaire contre des caricatures grotesques qui ne prêtent qu’à rire. Et encore, avec un ricanement de dépit. A comme Alone brille surtout par un j’en foutisme agaçant. J’ai eu l’impression de lire un mauvais collage de plusieurs histoires liées par un fil pour le moins tenu. Alone contre Alone me semble plus abouti, plus construit. Mais de progression dramatique, nada. L’affrontement entre Pépé et sa Némésis est juste risible. En fait, c’est du portnawak maquillé en science-fiction post-apocalyptique. De la fantasy à déboulonner.

Pourtant, je vous jure, j’ai essayé, m’entêtant à rechercher des raisons de tempérer mon irritation. Mais rien, strictement rien n’est parvenu à ranimer mon intérêt. Ni les cliffhangers poussifs, ni les clichés poussiéreux, ni le faux rythme alliant décontraction (on devrait plutôt dire relâchement) et cynisme en peau de lapin, voire de zob. Bien au contraire, plus j’avançais dans ma lecture, plus mon énervement croissait. D’ailleurs, je ne suis pas encore sûr d’être parvenu à me calmer… D’aucuns pourraient me dire que tout ceci n’est pas bien grave. Juste de la littérature populaire, histoire de se vider la tête… Baste ! Pourquoi devrait-on accepter le foutage de gueule dans ce domaine ?

Bref, j’aurais voulu apprécier cette intégrale. Tout m’y poussait. Ben, c’est raté. Pour écrire ce compte-rendu, j’aurais pu me contenter de la formule habituelle : les goûts et les couleurs… Trop tard ! Maintenant, leave me Alone.

Roman SF Alone Integrale Thomas GehaAlone de Thomas Geha – Intégrale comprenant les romans A comme Alone, Alone contre Alone et deux nouvelles – Réédition Critic Science-fiction, collection « Trésors de la Rivière Blanche », janvier 2014

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2 réflexions au sujet de « Alone »

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