Frank Sinatra dans un mixeur

Nouveau venu dans l’Hexagone, Matthew McBride trouve naturellement sa place dans la collection neonoir chez Gallmeister. Roman divertissant, garanti sans prise de tête, Frank Sinatra dans un mixeur illustre parfaitement la tonalité pulp revendiqué par l’éditeur parisien.

Ex-flic tombé dans l’alcoolisme, Nick Valentine a connu l’évolution de carrière classique des ratés. Détective minable domicilié dans un bureau crasseux, il vivote en compagnie de son seul ami : Frank Sinatra. Un bâtard, mi-yorkshire mi-quelque d’autre. Un roquet arrogant, à l’affection baveuse, vivant en couple avec un ballon de football américain. Appelé sur une scène de crime pour donner son avis, il ne tarde pas à flairer le gros coup, faisant le lien entre ce banquier que l’on aimerait faire passer pour un suicidé, et un braquage accompli le même jour. Et comme le privé a des oreilles qui traîne dans la rue, du côté des bas-fonds de Saint-Louis, il voit là une opportunité de se refaire.

L’argent ne fait pas le bonheur (sagesse populaire, formule n°332). Avec Frank Sinatra dans un mixeur, il contribue même à semer une ribambelle de cadavres dans le sillage d’une bande de pieds nickelés. Le roman de Matthew McBride se révèle en effet un joyeux jeu de massacre avec un sac bourré de fric en guise de fil directeur. L’auteur ne ménage pas sa peine dans ce qu’il faut bien appeler un pulp, et il faut avouer qu’il se sort de cet exercice, assez casse-gueule, avec une roublardise qui force le respect.
Soyons clair. L’intrigue de Frank Sinatra dans un mixeur tient sur un ticket de métro. Une histoire de braquage servant de prétexte pour broder un récit nerveux, une chasse au butin entre ripoux et voyous, jalonnée de métaphores frappées au coin d’un mauvais esprit jubilatoire et de situations marquées par une violence grand-guignolesque.

Vous l’aurez compris, si Frank Sinatra dans un mixeur ne figure pas au rang des lectures indispensables, le roman n’en demeure pas moins amusant dans son genre. À réserver aux lecteurs avertis (ils en valent deux, paraît-il)

cover-frank-54b5163c70607Frank Sinatra dans un mixeur (Frank Sinatra in a Blender, 2013) de Matthew McBride – Éditions Gallmeister, collection « neonoir », mai 2015 ( roman traduit de l’anglais [États-Unis] par Laurent Bury)

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