Celtika, Livre premier du Codex Merlin

Connu en France pour La forêt des Mythagos, Robert Holdstock est également l’auteur d’un autre cycle : le Codex Merlin. Il y revisite pour l’occasion l’épopée des Argonautes à la lumière de la mythologie celtique.

Premier livre d’une trilogie, Celtika peut se lire de manière complètement indépendante, même si certaines pistes demeurent ouvertes, histoire de ne pas tuer toute envie de poursuivre l’histoire. Le roman s’avère très rapidement passionnant, particulièrement pour le lecteur en quête de tragédie, au sens antique du terme. Et, s’il est amateur de destin marqué par la fatalité, s’il apprécie la poésie des mots, il trouvera sans doute aussi son bonheur.
Le récit commence avec la résurrection (700 années après leur disparition) de l’Argo et de Jason, son capitaine. L’acte n’est bien entendu pas désintéressé. Il s’agit pour Merlin, LE Merlin des romans arthuriens, de lier son destin à celui de Jason, pour accomplir un voyage jusqu’aux portes du sanctuaire de Delphes.
En compagnie d’un équipage hétéroclite se composant de plusieurs Germains, Cimbres, Celtes, d’un Hibernien, d’une Scythe, d’une chamane nordique, d’un Crétois, d’un Dace et de son cheval, Merlin et Jason se lancent alors dans une odyssée pleine de surprises et de révélations.

Au confluent des mythes celtes et gréco-romains, Robert Holdstock bâtit un récit où quêtes et destins s’entremêlent, prenant pour décor le bruit et la fureur des invasions celtes. Si la magie n’est pas absente du récit, elle a un coût pour ceux qui en usent, en premier lieu Merlin lui-même. Le personnage est d’ailleurs assez différent de la vision arthurienne. Faible d’esprit, manipulateur, en proie au doute, souvent manipulé lui-même, le bonhomme ne correspond pas vraiment au portrait popularisé par les romans et films. Mais, en s’éloignant de l’archétype, il gagne en substance et en humanité, ouvrant les perspectives narratives.

Durant leur périple, les Argonautes côtoient dieux et esprits, empruntant les chemins de l’autre monde, convoquant les morts pour retrouver leur chemin et participant à la réhabilitation de cette grande civilisation celte, longtemps occultée de l’Histoire et de la mémoire par les civilisations grecque et romaine.

Au final, Robert Holdstock utilise à dessein les références historiques et mythiques, n’hésitant pas à mêler la plausibilité de l’Histoire antique à son imagination, avec une érudition qui laisse admiratif. L’univers celtique et gréco-romain se conjuguent avec élégance et harmonie en un syncrétisme païen et jubilatoire.
Voici donc un cycle commençant sous de bons auspices.

CeltikaCeltika, Livre premier du Codex Merlin (Celtika, Book One of the Merlin Codex, 2001) de Robert Holdstock – Éditions Le Pré aux Clercs, 2003 (roman traduit de l’anglais par Thierry Arson)

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