Le Graal de fer, Livre deuxième du Codex Merlin

Je l’ai déjà dit ici, Robert Holdstock propose une vision syncrétique de la fantasy, à mi-chemin de l’Histoire et des mythologies. Le Graal de fer, deuxième volet du « Codex Merlin », ne déroge pas à ce principe. Le roman est façonnée à partir des mythes primordiaux et des légendes. On n’y trouve point de lutte manichéenne, d’archétypes pompiers ou de poudre de Merlin-pin-pin, mais plutôt des personnages humains, sensibles, marqués de secrètes fêlures et confrontés à leur destin.

« Une vision est le cours futur des événements le plus probable, mais si nous faisons des choix sages, nous pouvons éviter la ruine. »

Une multitude de choix s’offrent aux personnages du Graal de fer. Inlassablement, Jason poursuit la recherche de son fils Kinos « le petit rêveur » qu’une prophétie situe sur « une île aux murailles battues par les flots ». Comme la description semble correspondre à Alba, il choisit la voie de la trahison afin de parvenir à ses fins. Lui-même chassé d’Alba, Urtha souhaite reprendre sa place forte de Taurovinda, investie par les troupes du pays fantôme. Pour cela, le haut roi des Cornovides doit affronter la malédiction pesant sur son royaume avec, il l’espère, le soutien de Merlin. Tiraillé entre toutes ses amitiés et allégeances, le magicien doit pourtant trancher entre leurs intérêts divergents sans négliger ses propres souhaits. De cet écheveau naît un récit intimiste loin des explosions de violence auxquelles nous a habituée la fantasy adulescente. Un récit ne reniant pas le souffle de la légende et son caractère épique.

« Le temps est une spirale. Il commence jeune à l’extérieur, puis il vieillit au centre avant de se dérouler lui-même et de redevenir jeune. »

A l’image de la spirale, les mythes vieillissent mais leur symbolique finit toujours par resurgir sous une forme rajeunie. Intéressante fusion entre les mythologies grecques et celtes, le Codex Merlin nous permet d’appréhender ces mondes perdus et leur légendaire dont notre civilisation reste en grande partie tributaire. Difficile de faire la part entre l’imagination de l’auteur et la réalité historique, mais peu importe, car Robert Holdstock s’approprie cette matière, ce passé vestigiel pour mieux l’explorer dans ses angles morts et sa part de merveilleux. Son talent de conteur opère à plein, réactualisant les mythes pour leur redonner un nouveau sens.

Rendez-vous maintenant avec le troisième volet pour un dénouement que l’on espère à la hauteur du légendaire évoqué.

Graal_fer1Le Graal de fer, Livre deuxième du Codex Merlin (The Iron Grail, Book Two of the Codex Merlin, 2002) de Robert Holdstock – Éditions Le Pré aux Clercs, 2004 ( roman traduit de l’anglais par Thierry Arson)

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