Ivoire

Légendaire Malima Temboz. Souverain d’un royaume n’apparaissant sur aucune carte, il arpentait jadis les plateaux de l’Afrique de l’Est. Craint des autres animaux de la savane, révéré par les hommes, son existence s’acheva sous les balles d’un esclave noir fugitif au crépuscule du XIXe siècle.
6303 de l’Ère Galactique. La Monarchie étend son règne sur plus d’un millier de mondes colonisés par l’humanité. La Terre n’est guère plus qu’un souvenir lointain. Et pourtant, le passé frappe à la porte, si l’on peut dire, de Duncan Rojas, une sommité dans son domaine. Si l’on souhaite connaître les mensurations d’une espèce défunte, ou si l’on désire estimer l’authenticité d’une reconstitution, il suffit de s’adresser à Duncan qui enquêtera pour trouver la réponse. Il n’existe pas de défi impossible à relever pour le jeune homme, bien au contraire, tout est motif pour nourrir son intellect. Aussi, même si les motifs de Bukoba Mandaka ne lui paraissent pas clair, la proposition du bonhomme attise immédiatement sa curiosité. Comment résister à la perspective d’élucider une disparition remontant à plus de 3000 ans, celle de reliques pré-galactiques : les défenses du dernier éléphant du Kilimandjaro, le légendaire Malima Temboz.

Un temps multi-publié sous nos longitudes, Mike Resnick a connu une longue éclipse après la disparition de la collection « Présences du Futur ». Précédé des rééditions de Kirinyaga – incontestablement son chef-d’œuvre – et de Santiago – sympathique space opera sans plus –, Ivoire conjugue les deux principales sources d’inspiration de l’auteur. Cela se voit dans la structure même du roman, alternant plusieurs points de vue : celui du conte, de l’enquête et du récit.

Signalons sans tarder que la partie africaine s’avère la plus intéressante. Mike Resnick s’approprie l’art des griots avec talent, faisant de l’investigation de Duncan Rojas une quête initiatique et un retour aux sources du mythe. Par de fréquents aller-retour, il créé une tension dramatique, dont le dénouement apparaît bien moins important, comparé au cheminement individuel des personnages.

Pour le reste, rien de neuf sous le soleil. À vrai dire, les ressorts et le contexte d’Ivoire se révèlent très convenus. Un empire (royaume) galactique, des ET qui n’auraient pas dépareillé au temps des pulps, une atmosphère de frontière empruntée à Star Wars
L’argument SF chez Mike Resnick reste minimaliste. Il ne sert que de toile de fond à des motifs fades ne prêtant guère à l’enthousiasme. D’une écriture utilitaire, Resnick flirte avec les stéréotypes usés d’une SF surannée. Il joue sur les registres de l’humour, de l’aventure, du drame, maniant une palette d’émotions variées, mais banale, sans éclat, et l’on s’ennuie en lisant les épisodes simplistes qui jalonnent l’enquête de Duncan Rojas.

Au final, Ivoire apparaît très en deçà des réussites totales que sont Kirinyaga et la Trilogie infernale (Enfer, Purgatoire et Paradis). Ces œuvres constituent le point culminant d’une bibliographie basculant par ailleurs trop souvent dans la redite et la médiocrité.

ivoireIvoire – Une légende du passé et du futur (Ivory : A legend of past and future, 1988) de Mike Resnick – Réédition Folio/SF, septembre 2010

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