Colère du présent.

Courte chronique pour un roman tenant davantage de la novella.

Je suis toujours étonné par la réactivité de Jean-Bernard Pouy. Le bougre, excusez cette familiarité, se montre capable de répondre à une commande (ici de l’association à l’origine du festival littéraire d’Arras), sans donner l’impression d’accoucher d’un texte paresseux, voire vain, si l’on fait abstraction de sa rétribution financière. Colère du présent relève de cet exercice, et sa brièveté cache des trésors de malice et d’esprit vachard. Du nanan, on vous dit.

Quid de l’histoire ? À Arras, le Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale est l’occasion chaque année de moult débats et autres happenings accompagnés de joyeuses libations. Une fois n’est pas coutume, le salon joue les prolongations. Un noyau de gauchistes, anars, alters, militants écolos et autres pacifistes se proclame « Commune Libre » et fait sécession de la République. Panique en haut lieu. On dépêche sans tarder les gendarmes, puis les CRS, pour déloger les fâcheux. Armes à la main, ceux-ci repoussent les forces de l’ordre. Ne reste plus qu’à envoyer l’armée pour pacifier.

Ne tergiversons pas, suite à l’insurrection initiale et au siège auquel elle donne lieu, l’intrigue de Colère du présent prend une direction inédite, rythmée par la verve caustique de Jean-Bernard Pouy et d’une poignée de personnages pas piqués des hannetons, en particulier un général marchant au pas et au speed. Au fil des pages, on ne s’ennuie pas un seul instant et l’on trouve même de quoi réfléchir, ce qui n’est pas la moindre des qualités de ce court récit qui rappellera aux amateurs de l’auteur adepte de l’oulipo,  Chasse à l’homme, coécrit avec Patrick Raynal.

Bref, Colère de présent porte un propos libertaire à faire lire de toute urgence à tous les manifestants, Huit debout, indignés, zadistes et j’en passe. Par les temps qui courent, ce n’est pas du luxe. J’allais oublier : et vive l’utopie !

colere-du-presentColère du présent de Jean-Bernard Pouy – Éditions Baleine, mai 2011

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2 réflexions au sujet de « Colère du présent. »

  1. La facilité d’écriture de JB Pouy est absolument ahurissante. Il faut voir ce qu’il arrive à faire dans ses « matchs amicaux » avec son compère Villard, les Zig-Zag et autres Ping-Pong … je crois me souvenir qu’à l’occasion de rencontre à Moissac il avait écrit un texte sur … une pêche.
    Ahurissant et époustouflant.

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