Je suis une légende

je suis légendeRobert Neville vit seul dans un pavillon de banlieue. Chaque matin, il lui faut réparer les dégâts occasionnés par ses voisins durant la nuit et renouveler ses provisions. Car dans le quartier, il reste le seul être humain véritable au milieu d’une population de vampires assoiffés, voyant dans son sang la panacée éternelle. Assiégé dans sa maison, Robert compte les jours depuis que l’épidémie a emporté sa fille et sa femme. Il compte et il boit, beaucoup, histoire d’oublier et pour ne pas succomber à la déprime. Pourquoi reste-t-il ainsi fermement attaché à cette existence ? Lorsque la question effleure son esprit, il la chasse et se laisse aller à la rage. Puis, la colère cède la place à l’envie de savoir, de connaître l’origine de l’épidémie. Peut-être trouvera-t-il ainsi l’apaisement et la sérénité.

« La puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son existence »

Avec Je suis une légende, je m’attaque à du lourd. Journaliste venu à l’écriture via le roman noir, le fantastique et la science-fiction, Richard Matheson fait partie des classiques du genre. Ayant, connu une seconde carrière au cinéma et à la télé, en tant que scénariste (Twilight Zone et Duel de Steven Spielberg, excusez du peu), l’auteur américain est également un nouvelliste de talent. Il figurait parmi mes lacunes. Un oubli fâcheux désormais réparé.

En lisant Je suis une légende, il convient d’oublier l’adaptation survitaminée avec Will Smith dans le rôle titre. En effet, rien n’est plus éloigné du blockbuster que ce roman dont la simplicité de l’intrigue fait également la force. A aucun moment, la tension ne se relâche et Richard Matheson se plaît à jouer avec les nerfs du lecteur, sans donner dans la surenchère pyrotechnique ou gore. Il préfère user des ressorts psychologiques de la paranoïa et de la folie, dans un contexte où la normalité s’effondre face aux assauts d’un phénomène au départ inexpliqué.

Si la thématique de Je suis une légende ressort du fantastique, son traitement relève de manière évidente de la science-fiction. Une autre grande réussite à ajouter au crédit de l’auteur américain. Il propose une explication rationnelle au vampirisme, livrant ainsi une variation intéressante de ce lieu commun du genre. Mais surtout, il conclut son récit sur une inversion de perspective magistrale et somme toute logique.

Au final, Je suis une légende ne dément pas sa réputation de classique incontournable. Malgré ses plus de 60 ans, le roman n’a pas pris une ride, se révélant même source d’inspiration pour George A. Romero (et la mode des zombies), Stephen King et Chris Carter. De quoi faire remonter L’Homme qui rétrécit dans ma PAL.

par delà la légendeJe suis une légende (I am Legend, 1954) de Richard Matheson – Réédition Folio SF, série XL, 2014 (roman traduit de l’anglais [États-Unis] par Nathalie Serval)

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