Les Chroniques saxonnes – 4. Le Chant de l’épée

On ne change pas une recette qui marche. Telle pourrait être résumée cette quatrième chronique saxonne qui voit Uhtred de Bebbanburg poursuivre son bonhomme de chemin vers une vieillesse auréolée de gloire. Une destinée certes semée de combats, de tueries, trahisons et revers de fortune, mais où le narrateur ne se départit pas de son ton goguenard, une ironie grinçante que l’on a appris à apprécier.

Uhtred a vieilli. Il est désormais un seigneur important, chargé de fortifier les terres situées à la frontière du Danelaw. Et, comme d’habitude, les menaces et les tentations ne manquent pas, rendant sa tâche encore plus ardue. Il pourrait prétendre au trône de Mercie, renoncer à son serment, rejoignant ses frères d’armes danes. Mais, il doit allégeance à un roi dont il déteste la religion et admire la vision. Cruel dilemme auquel il se soumet de bon gré depuis trois tomes car seul importe sa destinée, une maîtresse impavide dont seule les Normes connaissent le dessein ultime.

Face à lui, on retrouve d’anciens ennemis, comme Haesten le fourbe, mais aussi des nouveaux, tels les frères Thurgilson, des Norses attirés par les perspectives de conquête et l’attrait du butin. On retrouve aussi les compagnons fidèles, habitués aux coups durs : Pyrlig, Beocca, le géant Steapa et tous les guerriers, hommes liges d’Uhtred. On retrouve enfin Alfred, plus que jamais lié au destin de la nation anglaise naissante. Affaibli par la maladie, le souverain du Wessex n’a cependant rien perdu de sa clairvoyance, même s’il contribue au malheur de sa fille Æthelflæd en privilégiant une union bancale avec Æthelred. Un bien mauvais parti mais imposé par les circonstances et sa méfiance envers Uhtred.

Ces « Chroniques saxonnes » ont finalement l’attrait d’une paire de poulaines dont on goûte avec un soupir de contentement la confortable familiarité. La Grande Histoire continue de dérouler son légendaire édifiant, émaillé par les remarques sarcastiques d’un Uhtred au meilleur de sa forme. Bernard Cornwell connaît son métier, jouant des ressorts du roman historique avec une grande aisance. Et, s’il prend certaines libertés avec la réalité des faits, c’est pour mieux s’en amuser, laissant libre cours à son imagination tout en ménageant suffisamment d’espace afin de laisser vivre ses personnages.

Nulle lassitude ou déception à attendre donc avec Le Chant de l’épée. Une nouvelle fois, Bernard Cornwell remplit son contrat, continuant de dérouler un récit divertissant, alternative idéale à l’heroic fantasy. À suivre avec La Terre en feu. Tout un programme.

Les Chroniques saxonnes – 4. Le Chant de l’épée – Bernard Cornwell – Réédition Bragelonne, novembre 2020 (roman traduit de l’anglais par Pascal Loubet)

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