La Conspiration des ténèbres

Dans le microcosme universitaire, Jonathan Gates doit sa renommée à Max Castle, faiseur de nanars à la chaîne et réalisateur maudit, disparu tragiquement en 1941. Clarissa « Clare » Swann connaît bien aussi le bonhomme. La propriétaire du Classic, une salle miteuse sise dans une cave de Los Angeles a initié Jonathan, le poussant sur la piste de Max Castle et nourrissant sa fascination pour le réalisateur. Un attrait qui confine à la répulsion auprès d’un public d’amateurs. Quelque chose d’indicible qui ne laisse absolument personne indifférent.


Bon, on laisse tout de suite tomber le titre La Conspiration des ténèbres, hein ? Tellement hors de propos qu’il nous arrache plus un ricanement qu’un cri d’effroi. Flicker apparaît comme un roman sur le pouvoir exercé par le cinéma. Fascination pour le meilleur et pour le pire. Balayant de manière érudite mais non académique l’histoire cinématographique, Theodore Roszak mêle habilement réalité et fiction. On croise ainsi au détour de l’enquête menée par Jonathan quelques noms mythiques qui témoignent directement (Orson Welles) ou indirectement (Alfred Hitchcock, Samuel Fuller, John Huston) de l’impact de Castle sur leur carrière. On y règle également quelques comptes. Sous la plume de l’auteur, le cinéma, art d’ombre et de lumière, devient le révélateur d’un dessein caché, l’enjeu d’une lutte qui puise sa source auprès du catharisme. A l’instar du flicker, terme technique faisant référence au « scintillement », c’est-à-dire à la succession de l’ombre et de l’image (24 fois par seconde) sur l’écran, la persistance rétinienne créant l’impression de mouvement, Theodore Roszak se joue de notre perception de la réalité. Ombre… lumière… La totalité supérieure à la succession des impressions.

Avec humour, érudition et passion, il nous livre un thriller malin dont le contenu hautement addictif fait oublier allègrement ses 750 pages bien tassées.

La Conspiration des ténèbres (Flicker, 1991) – Theodore Roszak – Réédition Le Livre de poche, 2006 (roman traduit de l’anglais [États-Unis] par Édith Ochs)

5 réflexions au sujet de « La Conspiration des ténèbres »

  1. Ah, ça fait étrange de découvrir ici un roman que j’ai déjà lu – et chroniqué. Si j’ai bien aimé la partie ciné, la partie conspi est quand même assez grosse à avaler.

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