À Huit clos

Huit ans que je vous saoule avec les chroniques de mes lectures. Huit années à scander le décompte de ma primesautière longévité textuelle sur la blogosphère. Et toujours pas de compte Instagram ou un tik tok ! La hype me fuit, tant pis, ou tant mieux.

Voici venu donc le temps de l’article annuel, celui me voyant céder à l’introspection, au droit d’inventaire et à l’ironie. Les statistiques suivent leur petit bonhomme de chemin, recueillant les suffrages de nouveaux abonnés, les likes extatiques des followers en transit et les échanges bon enfant des commentateurs avisés. Je n’ai vraiment pas à me plaindre en aussi bonne compagnie et, à vrai dire, la lassitude n’a pas encore gagné ma carcasse. La preuve, depuis l’année dernière, 87 nouvelles entrées sont venues égayer ce blog.

Le temps passant vite, branchons sans plus tarder la machine à voyager dans le temps et remontons jusque vers 2014-2015, histoire de voir ce qu’il s’y lisait de bien.

Le Baiser de la femme-araignée

Le Baiser de la femme-araignée me paraît une lecture indispensable. Au moins pour prendre conscience que toute révolution commence par soi-même.

La Fille automate

Avec ce premier roman, Paolo Bacigalupi réalise un coup de maître, excusez du peu. La crédibilité du décor et des personnages concourent pour beaucoup dans cette réussite. Le rythme et l’intrigue à plusieurs échelles n’y sont pas étrangers non plus. Mais par-dessus tout, La Fille automate se montre d’une grande justesse dans sa description du futur et d’une intelligence admirable dans ses spéculations, tant environnementales que géopolitiques.

Flingue sur fond musical

Flingue sur fond musical est une lecture fort sympathique. Un OLNI au phrasé joliment troussé, non exempt d’archétypes familiers, mais aux références/révérences assumées. Un roman à lire le sourire aux lèvres, sans se forcer, tant le style de Jonathan Lethem est accrocheur.

A hell of a Woman

Lire A Hell of a Woman revient à sonder les tréfonds de l’esprit humain, en explorant ses recoins les plus sordides. Un voyage dont on ne sort pas indemne, mais c’est ainsi que les hommes vivent…

Midnight Examiner

Midnight Examiner rejoint illico la liste des indispensables. Le genre de roman fou furieux à vous faire regretter de ne pas l’avoir lu plus tôt.

La tunique de glace

Dans une langue somptueuse (le traducteur a dû s’amuser), un tantinet allégorique, mais il est vrai aussi parfois étouffante, voire grandiloquente, William T. Vollmann réinvente le paysage légendaire de la colonisation du Vinland, ne s’autorisant que quelques petites digressions à l’époque contemporaine, comme pour souligner le décalage entre le mythe et la réalité plus prosaïque du quotidien.

Le Temps est proche

En noir et blanc, avec un graphisme simple, empruntant ses figures au monde animal (loup, bélier, cochon…), Christopher Hittinger fait ainsi œuvre d’historien et de moraliste, tenant à la fois compte du temps long de l’Histoire et de celui plus court de l’humain.

Le Temps du Twist

Dans le registre du roman générationnel, Le Temps du Twist soutient allègrement la comparaison avec Armageddon rag de George R.R. Martin ou Outrage et Rébellion de Catherine Dufour. Il rappelle aussi que nous étions jeunes et rebelles. Parfois, cela fait du bien.

Terminus radieux

J’ai retrouvé dans Terminus radieux un peu de l’ambition du cycle inachevé des « Sept rêves » de William T. Vollmann, autre auteur à l’imagination puissante et originale. J’ai été bousculé, déstabilisé, malmené dans mes repères, et pourtant je reste envoûté par cet univers, certes un tantinet hermétique, mais doté d’une puissance d’imprégnation incontestable. J’y reviendrai. C’est sûr.

Cafard cosmique

Attention ! Article à haute valeur sentimentale. Tout est foutu !

Le 26 février 2011, le site du Cafard cosmique fermait ses portes. Depuis, dix ans se sont écoulés sans qu’aucun autre média ne vienne combler le vide laissé après sa fermeture. On ne va pas se voiler la face, le Cafard cosmique, surtout son forum, était devenu au fil du temps un repaire de personnalités au caractère fort, aux avis tranchés et souvent clivants, n’hésitant pas à chambrer le newbie ou l’auteur venu là défendre son honneur outragé. Les connards élitistes, comme ils aimaient par ironie se surnommer, jouissaient aussi d’une certaine audience, attirant l’attention des éditeurs avant que ceux-ci ne reportent leur regard sur la blogosphère. Bref, le Cafard cosmique, c’était un peu du poil à gratter pour le fandom, mais c’était surtout un ton rafraîchissant, une certaine exigence littéraire et cinématographique, avec une affinité avouée pour les mauvais genres et les trucs n’entrant pas dans les cases.

Vous me direz, pourquoi un tel article ? Tout simplement parce que j’en étais. C’est à la fin des années 90, au début des années 2000 que je suis tombé sur un hors série de Télérama listant les rares sites internet consacrés à la science-fiction à cette époque. Du fond de ma province, je ne fréquentais guère les lieux de rencontre interlopes dédiés au fandom. Je crois même que les Utopiales n’en étaient qu’à leurs balbutiements. De fil en aiguille, me voilà connecté au Cafard et à son forum, celui précédant la version codée en php. Mon sort était scellé. Entre crash du forum, contributions à l’Ezine, participation aux quelques Cafarnaüms organisés dans la capitale et autres anthologie du Cafard, je suis devenu l’un de ces connards élitistes, nouant de solides amitiés numériques, m’amusant des tours pendables joués aux pauvres newbies, m’énervant aussi un peu, mais me confrontant surtout au pluralisme des opinions et des regards sur un genre et un fandom qui restent cher à mon cœur.

Pour toutes ces raisons, je ne remercierais jamais assez Thierry Hornet, le créateur du site à l’emblème cornue, nourrissant une certaine nostalgie pour la période où l’une de mes plus grande joie était de me connecter le soir pour découvrir les nouveaux messages sur le forum, les psychodrames, les flame-wars, mais aussi l’ironie mordante, les délires et les échanges passionnants des différents contributeurs autour d’un auteur, d’un livre, d’un concept scientifique ou d’une actu volatile. Je lui dois aussi les découvertes de Iain M. Banks, Thierry Di Rollo, Catherine Dufour, Robert Reed, Ian R. MacLeod, M. J. Harrison, Gene Wolfe, Serge Lehman et bien d’autres. Mais, si la nostalgie est un carburant puissant, il faut également savoir tourner la page. Le Cafard cosmique est mort hélas, Dieu va prendre mon pied au cul. Reste des souvenirs

Seven

Mettons à profit le confinement pour fêter l’anniversaire de la refondation du blog yossarian. Je sais, chaque matin, vous avez la fâcheuse impression de revivre la même journée, rejouant inlassablement les mêmes routines d’un jour apparemment sans fin, mais sans marmotte. Suspendu à l’espoir du 11 mai, vous peaufinez votre apparence, négligée par presque deux mois d’enfermement, vous réjouissant à l’avance de contribuer à la Croissance (chacun son totem). Mais, plus que tout, vous guettez avec impatience la publication de CET article qui, comme tous les ans, viendra ranimer votre impression de déjà-vu (avec de surcroît un titre à faire frétiller les moteurs de recherche).

Adonc, le blog yossarian fête ses sept années d’existence avec une bonne santé insolente. Que dire ? Les statistiques se portent bien, pour peu que l’on y attache de l’importance, et 89 nouvelles entrées sont venues s’ajouter à la liste des articles, suscitant des échanges intéressants et réguliers.  Vous vous dîtes sans doute que tout cela n’est pas très intéressant. Moi-même, je m’ennuie un peu en écrivant ces quelques lignes. Profitons donc de l’occasion pour brancher la machine à remonter dans le temps et plongeons-nous dans les archives du blog pour exhumer une sélection de vieux articles, histoire d’attirer l’attention sur des bouquins qui le méritent toujours.

Commençons avec Des voleurs comme nous de Edward Anderson, un roman noir comme on n’en fait malheureusement plus. Et, n’oublions pas : le noir, c’est la vie.

Efroyabl Ange1 de Iain M. Banks est une lecture exigeante, mais indispensable, sans doute un peu à part dans l’œuvre de Iain M. Banks. A lire et relire, histoire d’égayer la fin du monde.

Un peu de nostalgie avec Un parfum de yétis roses de Yann et Conrad. Que voulez-vous, j’étais adolescent à l’époque.

Le très viscéral GB 84 de David Peace. Je ne m’en suis toujours pas remis (et je n’ai d’ailleurs toujours pas osé lire d’autres romans de l’auteur britannique).

Et pour terminer, Strummerville, un petit bouquin sympathique, histoire de finir cet article comme l’année dernière, avec Joe Strummer. Rappelez-vous, The Future is unwritted. A regarder 2020, encore plus que d’habitude. A l’année prochaine !

 

Coupure estivale

Voici venu le temps des aoûtiens, avec ses hordes de vacanciers pullulant sur les plages brûlantes. Fuyant ce fléau très contemporain, le blog yossarian va donc se mettre en pause, le temps de s’aérer les neurones et de se dorer la pilule (et pas l’inverse, bien sûr). Profitez bien, vivez et prospérez (comme disait l’autre) et surtout rendez-vous en septembre, avec plein de compte-rendus d’ores et déjà programmés. Du Eric Plamondon, Michel Embareck, Lucius Shepard, Graham Joyce et j’en passe, histoire de céder au name dropping. De la Fantasy enjouée et mélancolique, du fantastique victorien, du road trip musical triste, du drame et toutes sortes de choses belles et bonnes à découvrir. Mais, patience…

 

Six à la douzaine

Comme chaque année, voici venir le temps du court article de circonstance, histoire de commémorer la date anniversaire de la refondation de ce blog. Emmanuel étant occupé à polir son image de grand débatteur, Donald préférant Twitter et Vladimir ayant opté pour la chasse au loup dans la taïga, je vais donc m’infliger le discours laudateur convenant à la solennité du moment.

Six ans, ce n’est pas rien. C’est la moitié de douze. Lorsque j’ai débuté la publication de mes ridicules élucubrations, je ne savais pas jusqu’où l’exercice me mènerait. Il faut croire que cela n’a pas changé. Je ne sais toujours pas. Un coup d’œil sur les statistiques témoigne d’une audience raisonnable mais fidèle. Des followers inventifs et attentifs qui viennent agrémenter les articles de leurs commentaires avisés (je flagorne si je veux).

Une chose semble cependant certaine. La passion pour la lecture et l’écriture de compte-rendus anime toujours ma carcasse. Pour preuve, je m’amuse beaucoup en rédigeant ces quelques lignes. Et, je crains qu’il ne faille me supporter un an supplémentaire. Et plus, si affinités. Mais, n’oubliez-pas : The Future is unwritted. Envoie la musique, Joe ! Semons les petites graines et mangez des pommes !

En attendant l’année dernière

Par un glissement de temps un tantinet disruptif, quelque part du côté de mars, nous voici en 2019. N’attendez pas de ma part un top machin ou un bilan truc, voire de bonnes résolutions intenables, du genre à me voir terminer d’épuiser la bibliographie du Disque-Monde de sir Terry Pratchett (déjà si je pouvais la reprendre…). Non, rien de tout cela au programme. Le blog yossarian se permet juste un bref article pour rappeler qu’il a survécu à la trêve des confiseurs et qu’il n’a aucune recommandation à diffuser. A part ceci : lisez bien, lisez avec plaisir, mais continuez à lire sans renoncer à la curiosité.

Et, histoire de calmer l’impatience, que les lecteurs assidus de ce blog interlope (trois pelés, un tondu) sache qu’il sera bientôt question d’une trilogie bizarre, de tyrans malmenés, d’une pucelle irradiée, d’un diable boiteux et de plein d’autres choses. A bientôt. Musique maestro !

Bientôt

Faites chauffer les mulots. Après plusieurs semaines d’oisiveté productive et de bronzage corporate, le blog yossarian s’apprête enfin à sortir de sa torpeur estivale, regonflé à bloc afin de contribuer à la croissance nationale défaillante. Avec du bon, du bof et sans doute quelques surprises, il y aura de quoi occuper les longues veillées d’hiver, histoire d’alimenter moult commentaires ou pas. Et pour terminer, un peu de musique afin de patienter.

Un lustre et des poussières

Avec cinq années d’existence au compteur, ce blog franchit un cap. Celui d’une demi-décennie de bavardages. L’âge de raison nous tend les bras me souffle mon petit doigt. Certes, je ne suis pas un interlocuteur prolixe, accouchant de son texte de 10 000 caractères tous les jours. Je n’ai pas davantage la prétention de rassembler une multitude de followers, le doigt sur la souris, prêts à cliquer, avides de la moindre de mes flatulences textuelles. Je préfère m’amuser, prenant plaisir à écrire quelques mots sur les lectures qui m’ont marqué ou pas. Des pochades, je le conçois. Mais, comme je ne suis pas difficile, je m’en contente.

Quelques chiffres maintenant, histoire de juger de l’audience des articles publiés ici-même. Aux dernières nouvelles, on atteint les  64553 pages vues pour un total de 534 articles. Par ailleurs, 837 commentaires émanant d’habitués ou non, contribuent à donner de l’écho à mes élucubrations nombrilistes.

Bref, je m’en réjouis et je compte encore occuper de la bande passante, du moins tant que la passion de la lecture animera ma carcasse bientôt quinquagénaire (tout est foutu !). Et puis, comme disait l’autre, plus vite, plus haut, plus fort !

Vous êtes encore là ? Allez en paix maintenant et rendez-vous l’année prochaine.