Le poisson mouillé

Muté à Berlin pour échapper aux conséquences d’une bavure, le commissaire Gereon Rath rejoint l’inspection E de la préfecture de police. Autrement dit la brigade des mœurs. Condamné aux bas-fonds crapoteux de la capitale allemande pour y traquer la pornographie, les proxénètes, la prostitution dans les clubs illégaux et d’autres déviances sexuelles, le policier ne chôme pas car l’atmosphère dévoyée de l’après-guerre se prête à tous les excès. Dans le même temps, il doit s’accommoder de la dépendance existant entre le milieu criminel et la police, une relation contribuant beaucoup à la mauvaise réputation des mœurs auprès des autres services de la préfecture.

Sous les ordres du commissaire Bruno Wolter, un ancien combattant de la Grande Guerre, il se familiarise avec Berlin et les méthodes de son supérieur, parvenant à entretenir l’illusion d’être un flic intègre, tout en nourrissant l’ambition de rejoindre la brigade criminelle, les cadors de la police. Un bon flic, il l’est certainement, en dépit de son passif à Cologne et des amitiés politiques de son père, mais il est trop doué pour végéter dans le cul de basse fosse de la préfecture. Le cadavre martyrisé d’un mystérieux Russe, retrouvé au volant d’une automobile repêchée dans le Landwehrkanal, lui fournit l’opportunité de brûler les étapes. Une enquête rendue plus difficile par le climat de quasi-guerre civile entretenu par le Parti communiste et les autorités de la République de Weimar, et dont les nazis et leurs semblables comptent bien tirer parti.

Allusion à l’expression inventée par Ernst Gennat pour désigner une affaire non élucidée, Le poisson mouillé reprend tous les codes du roman noir. Cité cosmopolite, carrefour de tous les trafics et refuge d’une multitude de parias issus d’une Mitteleuropa en proie aux tiraillements politiques de l’après-guerre et de la Révolution bolchevique, Berlin offre un décor idéal à l’enquête du commissaire Gereon Rath. Un flic dur à cuire et tenace, n’hésitant pas à flirter avec l’illégalité pour arriver à ses fins, c’est-à-dire résoudre une affaire criminelle retorse dans l’intérêt de sa carrière, mais aussi pour satisfaire une éthique personnelle pour le moins torturée.

Volker Kutscher restitue de façon crédible l’atmosphère délétère de la grande cité prussienne conférant aux lieux une véritable épaisseur historique et sociale. Le Berlin des années folles apparaît comme un cadre propice à tous les excès et tous les vices, apte à faire jeu égal dans les domaines du crime et de la corruption avec les métropoles américaines. La capitale allemande incarne ainsi l’image d’une cité en mutation, marquée par une violence sociale intrinsèque dont tirent parti les communistes et les tenants du nationalisme, y compris dans sa tendance nationale-socialiste, à la manœuvre dans les coulisses de la scène politique.

Volker Kutscher nous dresse un portrait sans concession de la ville et de ses habitants, des quartiers populaires gangrenés par l’extrémisme et la pauvreté, aux villas cossues des élites politiques et économiques, en passant par ses zones interlopes, clubs et bars, où la bourgeoisie vient s’encanailler, boire, danser et consommer la cocaïne, ce nouvel opium des nouveaux riches, pour le plus grand profit des Ringverein, la pègre berlinoise et ses caïds.

Tortueuse à souhait, l’intrigue ne ménage pas les attentes. En concurrence pour faire main basse sur le trésor d’une famille russe exilée après la Révolution, milieux nationalistes, pègre et dissidents communistes complotent pour éliminer leurs rivaux sur fond de manipulation politique, de corruption et de dépravation. Gereon Rath, Bruno Wolter, mais aussi Charlotte Ritter, la jeune secrétaire qui ambitionne d’intégrer la criminelle, et bien d’autres personnages s’imposent par leur traitement nuancé et réaliste. À mille lieues des stéréotypes inhérents au genre policier.

On ressort au final conquis par cette première histoire, prêt à poursuivre l’expérience avec La mort muette, deuxième enquête berlinoise de l’inspecteur Gereon Rath. A suivre…

Aparté : A noter que les romans de Volker Kutscher font l’objet d’une adaptation classieuse en série sous le titre de Babylon Berlin, adaptation déclinée également sous la forme d’un roman graphique. Avis aux amateurs. La série est très bonne.

Le poisson mouillé (Der nasse Fisch, 2007) de Volker Kutscher – Réédition Points/policier, avril 2011 (roman traduit de l’allemand par Magali Girault)

Le Fleuve des Brumes

Les sexagénaires meurent rarement de manière violente. Les frères Tonna semblent pourtant contredire l’assertion. Le corps disloqué de Decimo Tonna a été en effet retrouvé sur le ciment humide de la cour d’un hôpital, après être tombé de la fenêtre du troisième étage. Suicide probable ? Le commissaire Soneri en doute, d’autant plus que la même nuit, Anteo, le frère du défunt, a disparu après le naufrage de sa péniche, emportée par la crue du Pô qui mobilise toutes les autorités, elles aussi débordées par les événements. Il n’en faut pas davantage au policier pour douter d’une coïncidence un tantinet trop hasardeuse et pour tenter de sonder le passé turpide de cette région d’Italie.

« La mort rôde autour de nous et quelquefois elle prend l’apparence de l’innocence. »

Avec Le Fleuve des Brumes, les éditions Agullo nous font découvrir le commissaire Soneri, un enquêteur tenace, volontiers épicurien, ne s’attachant guère aux apparences mais plutôt à son intuition et à l’exploration méthodique des zones d’ombre d’une Italie encore hantée par son passé. Si le présent roman est la quatrième enquête du personnage, on ne met pas longtemps à se familiariser avec l’environnement proche, amical et professionnel de l’enquêteur. L’inventaire est d’ailleurs vite fait, le bonhomme n’entretenant qu’une relation charnelle, assez ardente d’ailleurs, avec une avocate volcanique qui, entre deux galipettes, nourrit sa libido et son intuition.

Entre un collègue plus à l’aise dans son bureau avec un ordinateur, un légiste moustachu et un juge soucieux de sa retraite, l’entourage de Soneri ne brille pas par son exubérance. Peu lui importe, en bon solitaire, le commissaire est plutôt du genre taiseux et pensif, appréciant la bonne chère et le contact humain direct sur le terrain. Dédaignant l’adrénaline, il ne rechigne pas devant la complexité d’une enquête afin de faire émerger la vérité. Un peu à la manière d’un Pepe Carvalho ou d’un Montalbano, voire d’un Maigret, Soneri agit comme un révélateur, l’enquête servant de prétexte au dévoilement des maux de la société.

Le Pô et les plaines humides ont façonné le paysage et ses habitants. Ses crues assassines, ses brumes étouffantes et son verglas traître contribuent à l’atmosphère délétère de la région. Elle pèse sur l’humeur de Soneri et sur sa capacité à élucider le mystère qui nimbe le décès des frères Tonna. Les circonvolutions du fleuve impriment un faux rythme à son enquête, le poussant à prendre son temps, à ressasser les rares indices glanés au fil des discussions au coin d’une table. Avec les frères Tonna, il exhume des secrets remontant à la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment des ultimes combats entre les miliciens de la République de Salò et les partisans communistes. À l’heure où les émules des premiers reviennent sur le devant de la scène politique et où les seconds n’existent plus que dans la mémoire de quelques vieillards, Soneri brasse surtout les rancœurs et l’amertume.

Roman policier à l’atmosphère prégnante, Le Fleuve des Brumes use de recettes narratives classiques mais finalement efficaces. Loin du rythme frénétique des thrillers, Valerio Varesi donne envie d’en connaître davantage sur le commissaire Soneri et sur une Italie bien éloignée des clichés. À suivre donc avec La Pension de la via Saffi.

Le Fleuve des Brumes (Il fiume delle nebbie, 2003) de Valerio Varesi – Réédition Points, mars 2017 (roman traduit de l’italien par Sarah Amrani)

Dans les angles morts

Les angles morts. Ils échappent à la perception consciente et pourtant ils demeurent une composante essentielle de la réalité dans laquelle nous baignons. Les angles morts. Ils sont le refuge des âmes brisées au destin tourmenté, un lieu échappant à l’Histoire et faisant pourtant le sel de toutes les histoires. On y remise les faits et pensées que l’on veut oublier, tout ce que l’on se refuse à voir, négligeant leur caractère implicite et la part de nuisance qu’ils représentent.

Fin des années 1970, la petite ville de Chosen a connu des jours meilleurs. Sur les anciens champs de bataille de la Guerre civile, les fermes ont poussé, nourrissant des familles enracinées là depuis des générations. Mais, cette époque est désormais révolue. Les éleveurs laitiers de la région mettent tous la clé sous la porte, les uns après les autres, remplacés par des lotissements où s’installent des new-yorkais à la recherche d’un lieu de villégiature plus paisible, mais pas trop éloigné des centres urbains. Les Clare ont ainsi racheté pour une bouchée de pain la ferme des Hale, laissée à l’abandon après un drame familial. Seuls trois orphelins ont survécu au suicide de leurs parents, recueillis ensuite par leur oncle. Mais, la vie est rude pour une femme seule et sa petite fille, surtout lorsque le couple vacille. Aussi Catherine Clare finit-elle par se lier d’amitié avec les frères Hale, venus proposer leurs services pour repeindre la grange et la maison, voyant là une occasion de renouer par procuration avec leur maison natale. Mais, à force de fréquenter les Clare, ils perçoivent les tensions secrètes qui déchirent le couple. Un fait que tout le voisinage et la plupart des habitants de Chosen pressentent sans pour autant pouvoir le prouver. Sait-on vraiment ce qui se passe dans l’intimité d’une famille lorsque la porte se referme ? Un soir, George Clare retrouve dans la chambre parentale le cadavre de son épouse, une hache plantée dans la tête.

«  La beauté dépend de ce qu’on ne voit pas, le visible de l’invisible. »

Ne tergiversons pas. Dans les angles morts m’a cueilli sans coup férir. L’atmosphère immersive et l’écriture dépourvue de toxines de surface d’Elizabeth Brundage m’ont happé, déroulant le récit d’un drame dont le dénouement est exposé sans surenchère gore dès le premier chapitre. Un meurtre épouvantable qui nous fait aussitôt épouser la douleur et le deuil du mari, George Clare, d’autant plus qu’il devient immédiatement le principal suspect de ce crime. Avec de telles prémisses, un auteur lambda aurait décliné un énième thriller « haletant », faisant frissonner le lectorat jusqu’au fin fond de la couette (cliché éprouvé). Fort heureusement, Elizabeth Brundage déjoue les pronostics, entraînant le lecteur dans une autre direction. Elle dévoile petit-à-petit les différents éléments du drame, en procédant à un flash-back où se multiplient les points de vue.

Dans les angles morts met ainsi en lumière les faux semblants d’une Amérique supposée prospère, rattrapée par la crise, l’alcoolisme, la désillusion et la violence. Le rêve américain a ainsi sombré, sans que quiconque ne soit capable de cerner le moment exact du basculement. Mais, cet idéal n’a-t-il d’ailleurs jamais existé autre part que dans l’imaginaire ?

Rien n’échappe au travail d’élucidation de l’autrice qu’il s’agisse de la cellule familiale, de la société, de la réussite professionnelle ou de la foi. Les angles morts engloutissent tout. On y cache les secrets inavouables, une somme de petites trahisons quotidiennes qui contribuent aux grands malheurs. On y lâche la bride aux frustrations et aux transgressions, rejetant le conformisme social. On y jette le masque pour épouser un comportement censé correspondre à sa nature profonde, pour le meilleur ou pour le pire. On y fait le deuil de sa foi et de son ambition, trichant avec autrui et soi-même. On y lâche prise, trouvant a posteriori des arguments rationnels et moraux pour justifier ses pulsions criminelles.

Inutile d’en rajouter, Dans les angles morts d’Elizabeth Brundage est donc incontestablement un thriller littéraire qui malmène l’esprit et suscite des émotions contrastées. Un coup de cœur, pas moins.

« Il faillit en rire, parce qu’une ferme, c’était tout sauf ça. Il n’y avait aucune vérité dans cette pièce pittoresque. Ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres du grand conte de fées qu’était l’Amérique. Si on voulait voir une vraie ferme, il faudrait des fermiers ruinés et alcooliques, des animaux affamés craignant pour leur vie. Il faudrait des épouses amères, des enfants au nez morveux et des vieux brisés après avoir donné leur cœur et leur âme à la terre. »

Dans les angles morts (All things cease to appear, 2016) de Elizabeth Brundage – Réédition, Le Livre de Poche, janvier 2019 (roman traduit de l’anglais [États-Unis] par Cécile Arnaud)

Salut à toi ô mon frère

Mix improbable des Béruriers noirs et de Daniel Pennac, le dernier roman de Marin Ledun opte d’emblée pour le contre-pied rafraîchissant et doux dingue. Servi par une intrigue prétexte sur laquelle on ne s’arrêtera pas, Salut à toi ô mon frère est en effet surtout l’occasion de mettre en scène une famille atypique, foutraque et diablement attachante dans sa manière d’envoyer bouler les conventions sociales, politiques et tout le toutim. J’ai nommé la smala Pons-Mabille. Un père et une mère aux antipodes mais aimants, six gosses dont trois adoptés, un chien et deux chats. Pas treize à la douzaine, mais presque.

L’imprévu surgit dans le quotidien haut en couleur de la tribu un beau matin pas vraiment chagrin. Entre potron et j’ai cru voir un rominet, la maréchaussée débarque toute bottée au domicile familial pour arrêter l’ennemi public numéro 1 de la bourgade de Tournon. À savoir le petit dernier, Gus, collégien redoublant multirécidiviste, à qui Dieu ne confierait pas sa fille sans confession. Mais s’il est un domaine pour lequel le bourreau des cœurs ne manifeste guère d’appétence, c’est bien celui de la malfaisance délinquante. Aussi, lorsque les pandores dressent de lui le portrait d’un criminel assoiffé de sang, mère, père, frères et sœurs sont stupéfaits. Fort heureusement, le Gus peut compter sur la solidarité familiale et sur l’incrédulité du lieutenant Personne, pour qui sa sœur Rose, entre deux passages au salon de coiffure où elle lit des classiques aux rombières peroxydées venues se faire shampouiner, nourrit une passion contre-nature, au grand dam de sa mère.

On ne peut guère reprocher à Marin Ledun d’encourager la morosité. Salut à toi ô mon frère est en effet le parfait remède contre l’ennui ou la déprime, mais aussi contre le racisme façon Dupont Lajoie. Le roman abonde en trouvailles langagières, saillies drolatiques et autres jeux de mots. Un foisonnement jubilatoire ne pesant à aucun moment sur la lecture et contribuant à dynamiser un récit dont le rythme ne relâche à aucun moment son emprise sur les zygomatiques. Les clins d’œil et références fusent joyeusement, plus ou moins appuyées, convoquant la littérature classique ou plus populaire, le cinéma, la télévision, la musique, pour le meilleur (ou le pire) de citations détournées, d’associations d’idées déjantées et de vacheries affectueuses. Bref, du nanan pour les réfractaires à l’esprit nunuche.

« Et dire qu’il est des anthropologues qui se plaignent de ne plus avoir de nouveaux territoires socioculturels à explorer. Venez au skate-park, mes amis ! Venez, observez et prenez-en de la graine, bande de lévi-straussiens de pacotille ! L’extension marchande du domaine de l’adolescence vaut son pesant de cacahuètes de Soustons. Leurs rituels boutonneux, leurs borborygmes communicationnels, leur langage SMS ergonomique et tribal, leurs followers, mateurs, mouchards, fils à la patte, indics, épieurs, cafteurs, roussins,délateurs, sycophantes, leurs accoutrements grégaro-moches personnalisés et standardisés à l’infini, leur organisation sociale smart-phone-centrée, les iPhone7, et tout en bas, les LGK4Dual, au ban de la société. On ne s’en lasse pas. »

Lecture idéale pour décompresser, entre deux ouvrages plus austères, Salut à toi ô mon frère n’usurpe donc pas le qualificatif de roman décalé et festif. De quoi se venger du quotidien et de ses saloperies, tout en renouant d’une certaine manière avec le meilleur de la série de la tribu Malaussène, en particulier La Fée carabine. Même par la main gauche, on a connu pire comme filiation.

Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun – Éditions Gallimard, collection « Série noire », mai 2018

Hécatombe chez les élues de Dieu

Petit plaisir coupable, Hécatombe chez les élus de Dieu tient toutes les promesses esquissées par une quatrième de couverture aguicheuse à souhait. Troisième titre de la série « Bir Hop-Çiki-Yaga polisiyesi » (« Les Plaisants Mystères policiers turcs »), le roman de Mehmet Murat Somer met en scène un personnage récurrent pour le moins atypique et quelque peu provoquant dans une Turquie marquée par la morale musulmane, malgré une laïcité de façade. Jugez par vous-même.

Burçak ne craint pas d’afficher son appartenance à la communauté LGBT d’Istanbul. Le jour, il met ses compétences informatiques au service de clients soucieux de protéger leurs données sur Internet, hackant à l’occasion les fâcheux de tous poils. La nuit, il se transforme en brune incendiaire, rejoignant les autres « filles » dans son club situé à Beyoglu, le quartier chaud de la métropole du Bosphore. Gay jusqu’aux bouts de ongles, son modèle demeure Audrey Hepburn et il n’hésite pas à donner de sa personne pour séduire les beaux mecs venus s’encanailler. Très attaché à sa communauté, il décide de se substituer à la police pour enquêter sur une série de meurtres touchant des travestis dont le prénom s’inspire de celui d’un prophète. De quoi se ménager quelques nuits blanches, fertiles en rebondissements et rencontres fâcheuses. Mais, Burçak est tenace, prêt à toutes les audaces pour mettre un terme aux agissements du sérail killer.

Malgré une intrigue convenue, Hécatombe chez les élues de Dieu se distingue heureusement par un personnage principal baroque, narrateur non dépourvu d’humour d’une enquête dont on devine assez rapidement le coupable. Pas de doute, le roman de Mehmet Mural Somer vaut surtout pour sa galerie de personnages haut en couleur, de la folle inspirée du personnage de Zaza Napoli, incarné par Michel Serrault au cinéma, au hacker handicapé, sado-maso cachant son vice derrière une façade rigoriste. Par son rythme enlevé et sa description documentée de la communauté gay, l’auteur étant lui-même homosexuel on peut lui accorder crédit, Hécatombe chez les élues de Dieu se lit avec un plaisir communicatif.
Sur un ton oscillant entre parodie et réalisme cru, l’auteur nous dévoile une facette insolite d’Istanbul, loin des quartiers muséifiés et des mosquées, remplaçant le chant du muezzin et les hymnes nationalistes à la gloire d’Atatürk par le rythme syncopé des morceaux à la mode dans le quartier chaud de Beyoglu.

Bref, voici de quoi se distraire, tout en restant conscient que sous les paillettes et l’amusement, le rapport à la société turque et à la religion musulmane des homosexuels, des transsexuels et des travestis  reste marqué par l’ambiguïté.

hecatombe_elues_dieuHécatombe chez les élus de Dieu (Peygamber Cinayetleri, 2003) de Mehmet Murat Somer – Réédition 10/18, « Domaine policier », 2010 (roman traduit du turc par Gökmen Yilmaz)